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Sensations, sentiments et pensées d’un nouveau-né

Cet article consacré à ce qu’un nouveau né ressent sans jamais pouvoir l’exprimer permet de comprendre comment un individu vit sa naissance et comment son système psychique se met en place ainsi que l’origine de la peur de la perte d’un être cher.

Pour de nombreux psychanalystes et psychologues cliniciens, la naissance est vécue par le fœtus qui devient nouveau-né comme une véritable séparation au sens d’un arrachement. En effet, lors de sa naissance, l’enfant, passe d’un univers au sein duquel l’ensemble de ses besoins étaient automatiquement assouvis à un environnement inconnu moins parfait que le précédent puisque dorénavant, il y aura inévitablement un décalage entre ses besoins et la satisfaction de ces derniers.

Le développement psychique

Le développement psychique d’un nouveau-né pourrait se décomposer en plusieurs stades qui expliquent ce qu’il ressent mais également la manière dont il pense et ce à quoi il pense. Dans un premier temps, il traverserait ce que les praticiens appellent une période autistique au cours de laquelle il s’agrippe aux sensations comme le fait un autiste de façon permanente. Cela explique pourquoi lorsqu’un nouveau-né fixe un objet, il semble totalement absorbé par ce dernier.

De plus, un nouveau-né n’a pas la capacité de faire la synthèse de plusieurs expériences sensorielles qu’il fait en même temps. La vie mentale d’un bébé et donc comme morcelée. Morcellement à l’origine de nombreuses angoisses inconscientes de tout être humain qui, à certains moments de sa vie, craint inconsciemment de partir en morceaux.

Par la suite, d’autres angoisses font leur apparition parmi lesquelles, l’angoisse de la perte qui peut être majeur pour certains individus ayant sans cesse besoin d’être entourés et qui ne peuvent envisager de se retrouver seul.

La position schizoïde paranoïde

Puis le nouveau-né traverserait ce que les spécialistes appellent une position schizoïde paranoïde au cours de laquelle il prend conscience qu’il peut devenir un bébé tueur par vengeance lorsqu’il est confronté au mauvais sein qui n’est autre que sa mère lorsque l’allaitement se passe mal, mais également un bébé qui peut être tué par le mauvais sein. Cette période prend fin lorsque le nouveau-né prend conscience que le bon et le mauvais sein de sa mère nourricière ne forment qu’un, et cela que l’allaitement se passe bien ou non !

Mais avant cela, le nouveau-né passe par une période dépressive au cours de laquelle, par crainte de détruire le bon sein par sa haine pour le mauvais, il va tenter de se soulager de sa culpabilité de vouloir détruire le mauvais sein en se montrant affectueux comme jamais il ne l’a été auparavant avec sa mère afin de lui exprimer sa gratitude pour toutes les expériences satisfaisantes qu’elle lui a offert par l’intermédiaire du bon sein.

L’état de non-différenciation

Bien au delà de ces trois stades, un nouveau-né n’est pas capable, intellectuellement parlant de distinguer ce qui le concerne. Il est dans ce qu’on appelle un état de non-différenciation, ou encore de narcissisme primaire dans le sens où l’enfant considère sa mère comme une sorte de double.

Non seulement un nouveau-né est incapable de se percevoir comme entité distincte du monde qui l’entoure mais il est également incapable de distinguer ce qui est de l’ordre du psychique. Par la suite, sa pensée évoluera jusqu’à ce qu’il soit en âge de commencer à construire sa personnalité. Avant cela, un nouveau-né n’éprouverait donc que deux états distincts : un état de vigilance et donc d’activité motrice, lorsqu’il joue par exemple, et un état de quiétude, lorsqu’il tête !

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