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La construction de la personnalité chez l’enfant

Cet article vous permettra de comprendre comment notre personnalité se construit, c’est-à-dire à base d’égocentrisme, de discours à ce que les adultes qualifient d’ami imaginaire, de « pourquoi », de « non » et de « oui ». Lorsque l’enfant accède au langage, on constate aisément que sa pensée est tournée sur lui-même, ce qui ne doit pas être interprété comme de l’égoïsme.

En effet, si l’enfant, par l’intermédiaire de ses dires, paraît plutôt égocentrique c’est simplement parce qu’il ramène la réalité à sa propre situation. Ainsi, lorsqu’un enfant que vous ne connaissez que depuis quelques minutes vous dit : « Hier Chloé m’a volé mon goûter » c’est parce qu’il est persuadé que tout le monde connaît Chloé puisque lui la connaît ! Mais les manifestations les plus évidentes de l’égocentrisme du jeune enfant apparaissent lorsque l’enfant parle seul.

Enfance et langage intérieur

A ce moment là, la production de l’enfant que les psychanalystes et les psychologues cliniciens appellent le langage égocentrique qui précède le langage intérieur, se manifeste, la plupart du temps, lors d’activités ludiques et témoigne d’une absence de communication sociale et de l’immaturité de la pensée de l’enfant. Pour certains, le langage égocentrique permet à l’enfant d’accompagner et de renforcer ses actions, pour d’autres il permet à l’enfant de saisir une situation avec des mots.

Lorsqu’un enfant semble parler à un ami imaginaire, il se parle, en réalité à lui-même. On remarque, lors de cette période, que pour l’enfant la réalité et l’aspect de la réalité ne font qu’un. Il devra apprendre à se décentrer grâce à une objectivation du réel pour pouvoir prendre en compte le point de vue de son entourage.

L’égocentrisme de l’enfant

Mais l’égocentrisme n’est pas la seule caractéristique de la pensée de l’enfant. En effet, tout jeune enfant est animiste dans le sens où il considère que tout ce qui l’entoure est vivant. Il attribue aux objets une conscience des pensées, des idées et des croyances et projette sur eux ses propres états d’âmes. Ce qui explique pourquoi une petite fille qui vient de se faire disputer par sa mère va, par la suite, disputer à son tour, sa poupée. De plus, tout jeune enfant attribue une réalité matérielle à des choses qui n’en ont pas telles que la joie, la tristesse, les pensées, les rêves, etc.

Tout enfant est également artificialiste : il considère que tout ce qui l’entoure a été créé par l’homme et pour l’homme. Pour finir, tout enfant fait preuve d’un certain finalisme en pensant que tout a un but, une finalité, ce qui explique pourquoi à un certain âge, les enfants ne cessent de demander « pourquoi ? » ce qui a le don d’agacer les parents.

Les premiers pas

En parallèle, les premiers pas de l’enfant posent souvent des problèmes de sécurité puisque l’enfant échappe bien souvent aux parents et peut se blesser. C’est donc pour éviter les accidents qu’apparaît le « non » dans la bouche des parents. « Non » qui signifie l’interdiction et qui s’associe bien souvent à un mouvement de la tête et du doigt.

Dans un premier temps, c’est par peur de perdre l’amour de ses parents que l’enfant accepte les frustrations imposées par le « non ». Mais très vite, il s’amuse à imiter ses parents en adoptant le signe langagier du « non » mais également les signes de la tête et du doigt qui lui sont associés : c’est le début de l’identification. L’acquisition du « non » marque la naissance de la représentation mais également de la prise de conscience de soi et de l’autre pour rendre l’accès possible au monde sociale.

L’ouverture sur le monde

C’est donc à partir de cette période que l’on peut remarquer une ouverture au monde de l’enfant et plus particulièrement une ouverture au père et à l’entourage proche. Ce n’est qu’à partir de l’acquisition du « non » que l’enfant commence réellement à se forger une personnalité qui lui est propre en prenant conscience qu’il peut agir sur son environnement grâce au « non » qu’il emprunte à ses parents, d’où l’importance de fixer des interdits dès le plus jeune âge de l’enfant.

De plus, les contraintes parentales sont indispensables dans la solidification du moi puisque l’enfant acquiert définitivement son premier mécanisme de défense qu’est l’identification en répétant le « non » des parents. Puis vient ce que les psychanalystes et psychologues cliniciens appellent l’état de grâce. C’est la période de séduction au cours de laquelle, pour changer un peu du « non », l’enfant rétorque « oui » à chaque sollicitation des adultes de son entourage pour se garantir leur amour.

Puis vient enfin l’imitation, qui est particulièrement connue pour agacer les parents, mais qui, pourtant, est une des trois étapes indispensables, après l’opposition grâce au « non » et la séduction grâce au « oui », dans la construction de la personnalité de l’enfant qui se poursuit à l’adolescence.

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